Marché immobilier en 2027 : que peut changer une année présidentielle ?
À chaque élection présidentielle, la même question revient : faut-il attendre avant de vendre ou d’acheter un bien immobilier ?
En 2027, cette interrogation risque d’être particulièrement présente. Car le marché immobilier français abordera l’année présidentielle dans une situation assez particulière : après plusieurs années mouvementées, entre hausse brutale des taux, baisse du pouvoir d’achat immobilier puis reprise progressive des transactions, le marché commence à retrouver un certain équilibre.
Mais une élection présidentielle crée inévitablement de l’incertitude. Fiscalité immobilière, investissement locatif, droits de succession, rénovation énergétique, aides à l’accession, logement neuf… Les orientations qui seront prises après l’élection peuvent avoir des conséquences directes sur les propriétaires et les acquéreurs.
Alors, faut-il s’attendre à un marché immobilier paralysé en 2027 ? Pas nécessairement.
Un marché immobilier qui retrouve progressivement de l’activité
Avant de parler de 2027, regardons d’où nous partons.
En 2026, le marché immobilier français n’est plus dans la situation de blocage connue après la remontée des taux d’intérêt. Selon la Banque de France, le nombre de ventes de logements atteint 1,017 million de transactions sur douze mois à juillet 2026. Les prix des logements anciens en France métropolitaine affichent parallèlement un léger recul de 0,9 % sur un an au deuxième trimestre.
En Île-de-France, la tendance est comparable. Les Notaires du Grand Paris constatent au deuxième trimestre 2026 une progression de 10 % du nombre de ventes sur un an, tout en qualifiant encore la reprise de progressive et fragile. Les prix sont, eux, quasiment stables à l'échelle régionale.
Nous ne sommes donc plus dans un marché en chute libre, ni dans l'euphorie des années où tout se vendait presque à n'importe quel prix.
Nous sommes revenus dans un marché de sélection.
Les bons biens, correctement estimés et bien présentés, trouvent des acquéreurs. À l'inverse, les biens surévalués peuvent rester plusieurs mois sur le marché.
Et cette distinction pourrait devenir encore plus importante en 2027.
Le véritable sujet de 2027 : la confiance
L’immobilier est probablement l’un des secteurs dans lesquels la confiance joue le rôle le plus important.
Acheter une résidence principale, investir ou changer de logement implique de se projeter sur plusieurs années. Lorsqu’un acquéreur ne sait pas précisément comment évolueront sa fiscalité, son pouvoir d’achat ou les conditions de financement, son premier réflexe peut être d’attendre.
Une année présidentielle peut donc provoquer un phénomène très simple : des projets existent, mais certaines décisions sont reportées de quelques semaines ou de quelques mois.
La Banque de France intègre d'ailleurs déjà dans ses projections économiques l'incertitude liée aux prochaines échéances budgétaires et électorales. Elle prévoit actuellement une croissance française de 0,9 % en 2027, après 0,4 % en 2026, dans son scénario central.
Cela ne signifie évidemment pas que le marché immobilier s'arrêtera.
Les séparations, mutations professionnelles, successions, naissances, départs à la retraite ou changements de région ne suivent pas le calendrier électoral.
On peut reporter une envie. Il est beaucoup plus difficile de reporter un besoin.
Les taux d'intérêt resteront déterminants
Il serait d'ailleurs réducteur d'expliquer le marché immobilier de 2027 uniquement par l'élection présidentielle.
Le véritable moteur restera probablement le crédit.
En juillet 2026, le taux moyen des nouveaux crédits immobiliers hors renégociations s'établissait à 3,30 %, selon la Banque de France. Après avoir fortement baissé par rapport aux niveaux observés début 2024, les taux ont légèrement remonté en 2026.
L'évolution des taux en 2027 aura donc probablement davantage d'impact sur la capacité d'achat des ménages que le calendrier électoral lui-même.
Une variation de taux modifie immédiatement la capacité d'emprunt d'un acquéreur. Et lorsqu'elle concerne des biens à plusieurs centaines de milliers ou plusieurs millions d'euros, la différence peut devenir considérable.
C'est pourquoi il faudra surveiller en 2027 non seulement la politique du logement annoncée par les différents candidats, mais aussi l'inflation, les décisions de la Banque centrale européenne et les conditions appliquées par les banques.
Après l'élection : le risque d'un deuxième attentisme
Le marché pourrait connaître deux périodes distinctes.
La première avant l'élection, avec certains propriétaires et acquéreurs préférant attendre de connaître les futures orientations économiques et fiscales.
Puis une seconde immédiatement après.
Car connaître le résultat d'une élection ne signifie pas connaître instantanément les nouvelles règles.
Entre les annonces de campagne, les projets réellement présentés, leur examen parlementaire et leur éventuelle entrée en vigueur, plusieurs mois peuvent s'écouler.
Le marché immobilier pourrait donc être davantage influencé par la lisibilité des mesures adoptées après l'élection que par l'élection elle-même.
Fiscalité, DPE, investissement : les sujets que les propriétaires devront surveiller
Pour l'immobilier, plusieurs sujets seront particulièrement importants en 2027 : la fiscalité des propriétaires et des investisseurs, la taxation des plus-values, les droits de mutation et de succession, les règles applicables aux locations, les dispositifs d'aide à l'accession ou à l'investissement et, bien entendu, la réglementation énergétique des logements.
À ce stade, personne ne peut sérieusement annoncer quelles mesures seront effectivement appliquées après l'élection présidentielle.
Il faudra donc distinguer les propositions de campagne des textes réellement adoptés.
Pour un propriétaire envisageant de vendre en 2027, prendre une décision sur la base d'une annonce politique serait probablement prématuré. Il sera beaucoup plus pertinent d'analyser sa situation personnelle, son bien et son marché local.
À Neuilly et dans l'Ouest parisien, la qualité du bien restera déterminante
Les marchés haut de gamme ont leur propre fonctionnement.
À Neuilly-sur-Seine, Paris et dans l'Ouest parisien, les acquéreurs recherchent avant tout des biens répondant précisément à leurs critères : adresse, étage, lumière, plan, extérieur, qualité de l'immeuble, proximité des écoles, état général ou potentiel de rénovation.
Dans ce type de marché, un bien réellement rare peut conserver une forte attractivité même lorsque le contexte général devient plus attentiste.
À l'inverse, une année d'incertitude laisse encore moins de place à une mauvaise estimation.
Un acquéreur hésitant acceptera difficilement de payer un prix déconnecté du marché. Il comparera davantage, négociera davantage et prendra probablement plus de temps avant de s'engager.
En 2027, le prix de mise en vente sera donc plus que jamais stratégique.
Faut-il attendre l'élection présidentielle pour vendre ?
Il n'existe pas de réponse universelle.
Un propriétaire qui doit vendre n'a pas nécessairement intérêt à attendre plusieurs mois simplement parce qu'une élection approche.
Attendre suppose en réalité de faire deux paris : que le marché sera meilleur plus tard et que les conditions économiques, fiscales et financières évolueront favorablement.
Personne ne peut aujourd'hui le garantir.
À l'inverse, mettre un bien sur le marché ne signifie pas qu'il faille accepter n'importe quel prix.
La bonne stratégie consiste à connaître précisément la valeur actuelle du bien, la concurrence disponible, les ventes réellement réalisées dans le secteur et le profil des acquéreurs présents sur le marché.
C'est exactement dans les périodes d'incertitude que l'estimation et la stratégie de commercialisation prennent le plus d'importance.